Révision annuelle des salaires en période d’incertitude et de ralentissement économique
Révision annuelle des salaires en période d’incertitude et de ralentissement économique
Les firmes spécialisées en rémunération dévoilent depuis quelques semaines les résultats de leurs sondages annuels sur les prévisions salariales pour 2009. Comme ces sondages ont été réalisés au cours de l’été et que la crise financière mondiale n’avait pas atteint l’ampleur qu’on lui connaît maintenant et que ses conséquences, au minimum un ralentissement ou même une récession selon les pays, n’étaient pas escomptées, il faut être prudent dans l’interprétation des résultats. Par exemple, le Conference Board a mentionné que les prévisions d’augmentations salariales canadiennes pour les non-syndiqués de 3,9% pourraient être révisées à la baisse d’au moins 0,5%. Au Québec, comme les prévisions sont plus de l’ordre de 3,6%, nous pourrions donc nous attendre à des augmentations moyennes d’environ 3%.
Pour les firmes oeuvrant dans le secteur des technologies de l’information, cette situation est d’autant plus délicate que la main-d’œuvre est spécialisée et certainement pas en surplus. Toutefois, nous n’avons qu’à nous rappeler la fin de l’année 2001 et 2002 pour réaliser que les TI ne sont pas à l’abri d’un ralentissement et de périodes difficiles. Donc bien que la prudence soit de mise, il est aussi important de ne pas perdre des employés talentueux et clés qui seront un atout pour passer à travers la tempête annoncée.
Pour illustrer notre propos, prenons deux situations différentes. La première est une PME d’une cinquantaine d’employés qui anticipent une période difficile au cours des 12-24 prochains mois. D'ailleurs, cette situation se reflète déjà dans ses résultats et pourrait aller jusqu’à une réduction d’effectifs. Dans ce cas, un élément clé pour passer à travers la crise sera d’avoir des liquidités, donc de contrôler ses dépenses. Pour ce faire, il serait donc pertinent de gérer rigoureusement le budget de révision salariale annuelle. Cela ne veut pas dire de geler les salaires de tous les employés sans exception, mais plutôt d’allouer le budget en fonction de la contribution, du positionnement par rapport au marché et du risque associé à perdre un employé (en fonction de l’impact sur les affaires et du temps requis pour combler le poste devenu vacant). Par exemple, un jeune employé performant qui se développe rapidement et qui a des compétences clés pour l’entreprise devrait recevoir une augmentation de salaire significative. Par contre, un employé performant qui a atteint une certaine maturité professionnelle et qui est bien rémunéré par rapport au marché pourrait recevoir une faible augmentation de salaire et même possiblement aucune augmentation, mais avec de bonnes explications.
La seconde situation est celle d’une entreprise qui est à l’abri de la crise compte tenu du type de produits et services qu’elle offre. Dans ce cas, elle n’a pas intérêt à perdre ses employés pour continuer à profiter de sa situation positive. Cette entreprise, tout en étant consciente du climat économique, devrait traiter ses employés comme elle avait prévu le faire à l’été avant que la crise financière n’éclate avec toutes ses conséquences.
En résumé, il n’y a pas une seule réponse en termes de révisions salariales annuelles lorsque nous sommes en période d’incertitude; chaque entreprise se doit d’analyser sa situation et surtout d’analyser chacun de ses employés pour prendre des décisions équitables, d’affaires et avec une vision à moyen terme.
Par Marc Chartrand, CRHA, Sociétaire, PCI – Perrault Conseil inc.



