Les compétences-clés des gestionnaires TIC en 2016

Moteur d’innovation, le développement des compétences des gestionnaires en TIC contribue à la croissance du secteur québécois des TIC. Pressés par le temps, plusieurs placent toutefois la formation continue bien loin sur leur liste de priorités. Voici comment lui faire une plus grande place.

En 1974, un chercheur de l’entreprise améri­caine 3M a mis au point un procédé imaginé par un de ses collègues six ans plus tôt : un morceau de papier muni d’un autoadhésif amovible, le parfait signet pour son livre de prières. Le Post-it était né.

C’est pendant « son 15 % » qu’Art Fry a réussi à finaliser son invention, c’est-à-dire la fenêtre de temps de travail que 3M accorde à ses employés afin qu’ils laissent leur imagination courir. Cette pratique a depuis été adoptée par d’autres leaders de l’innovation techno­logique, tels Google et Hewlett-Packard.

À l’image des patrons de Fry, le gestion­naire en TIC d’aujourd’hui doit être un acteur d’innovation, affirme Rémi Villeneuve, Gestionnaire initiatives de formation chez TECHNOCompétences. Pour parvenir à susci­ter les idées créatrices au sein de son équipe, il doit d’abord lui-même développer ses qua­lités de gestionnaire.

« Il existe des techniques pour favoriser l’émergence d’innovations dans une équipe, notamment en donnant du temps aux employés. C’est loin d’être démodé : il y a un lien intime entre le développement des compétences, le temps consacré à la R & D et l’innovation. »

Miser sur le bon cheval

Le temps : voilà bien le nerf de la guerre dans l’industrie évolutive des TIC. D’ailleurs, plus que dans tout autre secteur d’activité, ses gestionnaires sont souvent jeunes et doivent mettre les bouchées doubles pour être à l’aise dans leur rôle de leader, explique Rémi Villeneuve.

Or, vu l’ampleur des besoins, les PME qué­bécoises en TIC octroient parfois des pro­motions sans véritablement analyser les compétences de gestion du candidat ou son potentiel à les développer. « Souvent, on donne une promotion au spécialiste qui a d’excellentes performances de travail au plan technique, soutient M. Villeneuve. Mais sélectionne-t-on les bons profils de gestion­naires ? C’est une question que les entre­prises doivent se poser. »

Le profil idéal

Au-delà de ses connaissances techniques, le gestionnaire idéal présente des atouts relevant du savoir-être : bonnes aptitudes de communication interpersonnelle, capacité à mobiliser des troupes et à donner de la rétroaction, leadership, etc.

Plus spécifiquement, il possède une vision stratégique de son secteur, il sait quels gestes poser pour développer la croissance de son entreprise, et sait aussi placer ses pions un bon endroit.

« Comme la rétention de personnel est un enjeu majeur en TIC, l’un de ses principaux rôles est celui de la gestion des talents, dit Rémi Villeneuve. Il doit pouvoir reconnaître ces talents, les mettre en valeur et les développer. » Il devra en outre maîtriser divers aspects de la gestion des ressources humaines, comme l’évalua­tion de la performance.

La plupart de ces compétences se développent bien, assure le M. Villeneuve. Mais à la lumière de son dernier diagnostic sectoriel, TECHNOCompétences remarque que plus le spécialiste en TIC prend du galon, moins il a tendance à se former. « Plus le gestion­naire avance dans sa carrière, plus on peut supposer qu’il a des responsabilités et moins de temps, dit Rémi Villeneuve. Ce sont des ressources à qui l’on demande beaucoup... »

Une responsabilité partagée

Dans un monde idéal, les dirigeants d’entreprises du secteur des TIC devraient être les premiers à outiller leurs gestionnaires, notamment en investissant dans le développement de leurs com­pétences. Mais c’est loin d’être le cas, constate Rémi Villeneuve, qui les décrit comme « les grands laissés-pour-compte de l’investisse­ment en formation ».

« Devant l’émergence d’une technologie lui permettant de com­mercialiser un produit, le dirigeant d’entreprise n’hésitera pas à développer les compétences techniques des spécialistes. Il s’agit pour lui d’une valeur directe en termes d’investissement. »

Les bénéfices de la formation des gestionnaires paraissent moins tangibles, ajoute-t-il, mais n’en sont pas moins cruciaux. « Les entre­prises doivent investir davantage afin de faire du développement des compétences un pilier de l’innovation au sein de leurs équipes. »

Formations express et sur-mesure

En collaboration avec l’Association québécoise des technolo­gies, TECHNO-Compétences a ainsi développé différents pro­grammes de formation pour les gestionnaires. Le programme « Leaders stratégiques », notamment, est conçu pour ceux qui ont un peu plus d’expérience.

D’une durée de six heures chacune, la série de sept formations porte sur des thèmes prioritaires : innovation, finance, leadership, ressources humaines, pensée stratégique, etc. Fait intéressant, comme l’organisme bénéficie de subventions gouvernementales, leur prix est significativement moins élevé que celui des forma­tions offertes dans le privé. L’objectif étant de favoriser l’accès à ce genre de formations parfois coûteuses.

Au-delà de ces formations plus classiques, TECHNOCompétences produit aussi des capsules d’apprentissage en ligne destinées aux gestionnaires de 1er niveau. Ces formations éclair de 10 à 15 minutes sauront doter les gestionnaires en ressources humaines d’outils pour relever des défis tels que l’accueil d’un nouvel employé, la résolution de conflits ou la gestion d’une équipe à distance. Voir : www.formationrh.ca/fr

En somme, autant de formations concrètes, efficaces, courtes et dont les résultats sont tangibles... Autrement dit, parfaites pour la réalité de l’industrie en 2016. « Dans un milieu où l’innovation dicte la croissance, conclut Rémi Villeneuve, une entreprise qui souhaite continuer à croître ne peut pas se permettre de balayer la formation de sa main-d’œuvre... »

Rémi Villeneuve, CRHA

Gestionnaire | Initiatives formation et développement d’affaires

TECHNOCompétences