Pour exceller comme formateur, être expert ne suffit pas

par Patrick Rivard et Andrée-Anne Girard, Alia Conseil

Le monde de la formation change de manière significative depuis les dernières années. L’information est facilement accessible via le Web, les technologies éducatives se transforment rapidement et la formation en ligne est de plus en plus prisée comme mode de diffusion.

Tout cela nous amène à réfléchir sur le choix du formateur dans le processus de développement des compétences. Alors qu’on a longtemps privilégié l’expert de contenu, force est d’admettre que cela ne suffit pas. Déjà qu’à la base, ce n’est pas donné à tous d’être un bon formateur, qui donc choisir? L’employé de longue date, en signe de reconnaissance? L’employé dynamique et performant, bien accepté par son équipe? L’employé disponible, qui se porte volontaire? Comme le formateur reste au cœur du processus de formation et que sa compétence est un atout majeur au succès des activités de formation, il est essentiel de faire un choix éclairé et réfléchi, de déterminer précisément son rôle et d’établir les bases qui en feront le formateur idéal.

D’entrée de jeu, précisons son rôle.
Le formateur est responsable de veiller à ce que les participants à la formation acquièrent les compétences visées, tout en étant attentif aux enjeux de transfert des apprentissages. On désire donc qu’il soit un enseignant, un expert, un facilitateur, un guide. D’autres le voient comme un animateur, un communicateur, un observateur actif, un évaluateur. Qui dit vrai? En fait, un bon formateur saura porter tous ces chapeaux, l’aidant ainsi à diriger ses apprenants selon les contextes et les moments d’apprentissage. Mais que doit-il faire pour bien remplir ce rôle?

Voici quelques pistes.
Tout d’abord, le formateur doit connaître les bases des principes d’andragogie, soit l’éducation chez l’adulte, puisqu’un adulte n’apprend pas comme un enfant. Son approche devra permettre aux apprenants adultes de saisir la pertinence de la formation, élément essentiel à leur motivation, et son rôle de facilitateur les guidera à travers leurs apprentissages. Entre autres par ses choix d’activités, sa façon de communiquer, son style de présentation et le climat de coopération et de collaboration qu’il réussira à instaurer, le formateur nous démontrera qu’il comprend bien la façon d’apprendre d’un adulte. Il y sera sensible et attentif, toujours dans le but de rendre la formation efficace, favorisant l’acquisition de nouveaux outils ou de nouvelles compétences. La formation doit générer des résultats concrets, applicables dans le cadre des activités professionnelles de l’adulte et le formateur saura mettre en place la structure nécessaire pour y parvenir. Bien que son savoir-faire demeure une qualité essentielle, son savoir-être prend une importance notable.

À ces principes de bases d’andragogie s’ajoutent des qualités personnelles qu’on souhaite retrouver chez tout bon formateur : dynamisme, humour, humilité, écoute, patience, flexibilité, communication, etc. Également, il va s’en dire qu’il doit démontrer une aisance avec les technologies de l’information et de la communication, qui jouent un rôle de plus en plus important dans les nouveaux parcours de formation.

La bonne nouvelle, c’est que la majorité des caractéristiques qu’un bon formateur doit posséder ne sont pas nécessairement innées; elles peuvent être acquises par l’expérience, la formation, du soutien et la volonté du formateur lui-même à atteindre les objectifs organisationnels liés à la formation. Bref, ne s’improvise pas formateur qui veut, son choix au sein d’une organisation demeure une décision importante qui aura un impact significatif sur tout le système de formation.

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