Le défi de déconnexion, un mois pour se recentrer
Cet été, TechnoCompétences se lance un défi de déconnexion. Plutôt que de multiplier les résolutions, l’idée est simple : reprendre contact avec la réalité, un geste à la fois.
Quand je commence à écrire sur le sujet de la déconnexion, j’ai souvent l’image du philosophe qui aime mieux la compagnie des livres que des écrans qui me hante. Et ce n’est pas complètement faux. Cependant, je ne vais pas vous cacher que ma vie professionnelle actuelle passe par l’usage effréné de l’écran. Or, depuis l’arrivée de l’IA générative et sa surutilisation dans les contenus disponibles sur les RS comme LinkedIn, je ne sais pas pour vous, mais il y a une fatigue qui s’installe dans notre vie numérique.
Au début juin, j’ai lu dans mon infolettre du New York Times un article proposant un défi pour le mois de juin; soit celui de lâcher son cellulaire et revenir un peu plus à la réalité. Par une stratégie des petits pas, il est proposé une nouvelle étape chaque semaine pendant quatre semaines pour vivre un peu mieux notre vie analogique sans les effets désagréables du sevrage – parce que oui, on est tous dépendants. Je me suis donc engagée au début juin à ce défi d’un petit mois. Et je vous en fais le témoignage.
Première semaine, j’avais déjà une longueur d’avance en laissant mon cellulaire le plus loin possible de moi pendant les heures de travail. Quand il a été question de sortir de chez soi sans cellulaire pour une promenade de 20 minutes, j’étais ravie. La grande surprise, c’est qu’après deux jours, j’oubliais mon cellulaire pour aller faire des courses. Le sentiment de liberté fut immense.
Par la suite, les autres niveaux sont simples, mais au combien imbriqué dans nos habitudes. Exit le cellulaire avant le coucher, et ce, au minimum 30 minutes. Et aussi, sortir voir des amis sans avoir son cellulaire. C’est simple, mais difficile quand vient le temps de le faire.
J’ai donc adopté non sans peine ces quelques préceptes au courant du mois de juin avant mes congés. C’est pendant cette période de congés que je me suis rendu compte que mes habitudes avaient changé. Je suis sortie plusieurs jours d’affilée sans consulter mon cellulaire, sans le prendre pour prendre une photo, sans ressentir le besoin impérieux de rendre visible comment j’occupais mes journées.
Dans ces quelques lignes, je remets en question ma présence personnelle sur les réseaux sociaux, mais aussi celle de mon organisation. Depuis un an, nous avons changé notre stratégie de communication afin de mettre de l’avant de l’information pertinente, des conclusions de nos veilles, des formations et de l’information sur le marché du travail. Tout ça dans le but de passer du contenu facile et lisse à du contenu qui demande un peu de réflexion. Pour reprendre un concept entendu à Interface 2026, celui de friction, il faut faire ça afin d’emboiter le pas vers un web qui soit plus responsable, frugal et convivial. Et ça commence par nous, les utilisateurs, tant pour nos besoins personnels que pour nos besoins organisationnels.
Cette stratégie de communication se fonde aussi sur notre horaire quatre jours/semaine. Nous avons appris en équipe à ne pas interagir les week-ends et pendant nos vacances sur les publications de l’organisation. Un article paru dans Fast Compagny traite de l’épuisement des gestionnaires des réseaux sociaux qui sont sur ces plateformes constamment, car ils sont leur lieu de travail, leur outil et leurs lieux de divertissement. Et c’est là où la culture d’entreprise entre en jeu. Chez TC, nous nous sommes dotés d’une politique de déconnexion qui met un cadre entourant le lieu de travail et la vie personnelle. Entre autres, pas de courriels envoyés après une certaine heure et pas d’applications de travail sur les cellulaires. Cela permet à tous de sortir du travail sans obligation d’y passer son week-end ni ses vacances. Cela donne une pause à tous.
Cet article se veut un témoignage qu’avec de bons outils (politique de déconnexion, horaire de travail sur quatre jours), une culture organisationnelle peut croître autour des plateformes numériques sans que cela nuise à notre bien-être. Et pour la santé mentale de tout un chacun, il serait faux de dire que c’est facile de laisser de côté son cellulaire, mais c’est possible avec la stratégie des petits pas. J’ose le dire, si l’année 2026 se veut être analogique, son été le sera assurément. Ne comptez pas sur mes photos de vacances sur LinkedIn encore une fois cette année!
Pour poursuivre la réflexion, consultez aussi notre petit guide pour déconnecter et notre article sur notre rapport aux écrans.
Par Joëlle Tremblay et TechnoCompétences
