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Wonder Valley, le rêve d’IA qui pourrait coûter cher à l’Alberta

IA Responsable, Numérique Responsable

Ce que révèlent les centres de données IA

Connaissez-vous Kevin O’Leary? Non? Rien d’étonnant : c’est un drôle de numéro ayant passé de Shark Tank à Dragon’s Den dans le Canada anglais, et qui a joué dans le film Marty Supreme. Et, dans ses temps libres (!), il tente de construire le plus gros centre de données d’IA au MONDE… en Alberta. 

Le projet Wonder Valley, porté par Kevin O’Leary en Alberta, illustre bien les tensions autour des centres de données IA. On y voit une promesse de souveraineté numérique. Dans les faits, la facture environnementale pourrait être lourde.

Si vous suivez le dossier des centres de données et de la souveraineté numérique, vous vous dites peut-être quelque chose comme « yéééé, nos données seront enfin à la maison ». Sauf que non, il suffit d’en lire un peu plus sur le projet pour comprendre que, même au Canada, un centre de données peut être, pour l’environnement d’une région, à peu près ce qui se fait de pire. Et ce n’est pas tout. 

Les conséquences sont considérables sur la consommation d’eau (nécessaire pour refroidir les serveurs) et les besoins énergétiques sont tels que les centres de données nécessitent souvent, à eux seuls, une centrale de production d’électricité. Ainsi, le projet Wonder Valley d’O’Leary exigerait une centrale au gaz naturel dédiée (comme c’est la principale source d’électricité de l’Alberta), puisque le centre consommerait autant d’énergie que la ville d’Edmonton au grand complet.  

Le pire, c’est que CBC a révélé que le centre de données Wonder Valley n’a pas fait l’objet d’une évaluation d’impact environnemental. La stratégie derrière ce tour de passe-passe consiste à multiplier les implantations de ces centres pour rivaliser avec le reste du monde. Cependant, le désir de souveraineté numérique ne devrait pas se faire au détriment des impacts environnementaux.  Surtout qu’aucun des projets proposés permet de garantir une souveraineté numérique.  

 Ce qui est le plus consternant, c’est de constater que ces centres de données sont implantés en Alberta, une province qui a déjà son lot d’enjeux environnementaux dû à des choix économiques. Sachant que, de plus en plus, des méga centres de données font grimper de plus de 3,6 degrés la température des régions où ils s’installent, nous sommes en droit de nous interroger sur les impacts qu’un tel manque de volonté politique pourrait entraîner. 

Merci à mes collègues pour l’aide à la recherche. Si le sujet vous interpelle, voici mes sources. 

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2249592/ia-data-gas-naturel-alberta?utm_source=adestra&utm_campaign=na&utm_medium=infolettre&utm_term=info.environnement 

https://www.tomshardware.com/tech-industry/kevin-o-learys-9-gw-utah-data-center-campus-approved 

https://olearyventures.com/wondervalley/#video 

https://www.ctvnews.ca/climate-and-environment/article/scientists-have-found-an-alarming-environmental-impact-of-vast-data-centres/ 

Par Josiane Stratis et TechnoCompétences

Ce sujet rejoint nos réflexions sur la sobriété et la souveraineté numériques et notre formation sur la souveraineté numérique.