Pourquoi la sobriété et la souveraineté numériques comptent
La sobriété et la souveraineté numériques occupent une place centrale dans nos discussions depuis plusieurs années. Entre l’économie de l’attention et la dépendance aux GAFAM, il devient urgent de se questionner sur nos usages.
Comme philosophe depuis plus de 20 ans et depuis mes débuts chez TechnoCompétences, il y a maintenant 2 ans, la sobriété et la souveraineté numérique font partie de mes sujets de prédilection. Il y a a longtemps que je veux écrire sur ces deux thèmes. Je les ai inclus dans mes présentations des dernières années avec à chaque fois, une excellente réception. Comme si tout un chacun trouvait enfin le chemin et les options nécessaires pour opter pour des alternatives. La dernière occasion fut il y a de cela quelques jours, lors d’un midi conférence en ligne organisé par Technologia. Depuis, le monde a changé encore plus vite qu’on le pensait et il devient urgent de vous écrire là-dessus.
Rappelons les faits, les technologies du numérique, les médias sociaux et les IA génératives sont conçues pour vous garder captif, c’est ce qu’on appelle l’économie de l’attention. En être conscient nous permet de faire un pas de recul pour se questionner sur notre utilisation de ces outils. Par exemple, si vous demandez à l’IA de réviser l’orthographe d’un texte entier, sachez que votre requête et la réponse générée consomme énormément d’énergie beaucoup plus que l’utilisation d’un correcteur comme Antidote.
De plus, la majorité des centres de données alimentant l’IA sont situés chez nos voisins du Sud. Ces installations doivent être refroidis en permanence à l’aide d’eau potable, ce qui assèche les nappes phréatiques des localités environnantes. À l’été 2025, la situation était devenue si critique que les autorités ont demandé aux habitants de certaines localités de rationner leur consommation d’eau potable pour prioriser les besoins de ces centres. Qu’en serait-il si ces infrastructures et nos données seraient au Québec? Bien que les installations présentes sur le territoire Québec sont refroidies principalement à l’air plutôt qu’à l’eau potable, cela ne règle pas le problème de l’hydroélectricité. De grands débats sont nécessaires pour reprendre le contrôle sur nos usages du numérique.
Cela étant dit, l’éléphant dans la pièce au sujet de la souveraineté numérique, ce sont nos données. Au Québec, une immense parties de nos données gouvernementales est stockée aux États-Unis. Elles sont assujetties au CLOUD act qui permet au gouvernement américain d’accéder à nos données sans lpréavis. C’est légal.
En tant qu’entreprise, décideurs, particuliers ou citoyens, nous avons le devoir de se demander où nos données sont-elles hébergées? Si vous utilisez la suite Microsoft 365, vos données sont aux USA. Google Drive?Même chose. Vos courriels et leurs pièces jointes? Pareil. En d’autres mots, dès que vous utilisez les outils ou les plateformes des géants du numérique – les GAFAM de ce monde- vos données sont hébergées aux USA.
Cela dit, les nouvelles sont bonnes, les alternatives existent. Et les meilleures sont conçues pour être intuitives sans qu’il soit nécessaire d’être un geek de Linux et des Open Source. Au lieu de vous proposer une liste exhaustive et froide, je vous propose deux liens qui sont présentés sous forme de journaux de bord pour guider votre transition.
Le premier, c’est le long billet de blog (en anglais) de Paris Marx un journaliste terre-neuvien spécialisé en tech et qui a documenté sa transition vers des alternatives aux GAFAM. Son billet de blogue est rafraichi régulièrement et il est transparent sur son retour d’expérience. Si vous voulez l’entendre sur cela, il était de passage à l’émission le 15-18 un peu plus tôt cette année. Et si vous voulez le rencontrer (je l’avoue, je suis fan et un peu groupie!) il donnera une conférence à Montréal le 18 mars prochain à 17h dans le cadre du colloque Le numérique à l’épreuve de la sobriété : Enjeux, potentiels d’innovation et nouvelles trajectoires de l’Obvia.
La deuxième suggestion, c’est un billet de blog du site Bonpote. Un brin franchouillard, ils présentent des alternatives là encore à l’ensemble des besoins quotidiens. Je vous suggère amicalement de consulter les deux liens et de faire des comparaisons. Dans certains cas, les deux pointent vers les mêmes alternatives et dans d’autres, ils proposent des voies différentes.
En bonus, pour les plus passionnés ou parce que vous aimez le concept de communauté de pratique, je vous propose de vous créer un compte sur la plateforme Passerelle et de rejoindre la communauté Sortir son groupe des GAFAM. C’est une belle façon de mettre ensemble nos découvertes et nos alternatives à ces technologies dont nous croyons qu’elles sont les seules. Elles dominent, certes, mais pour retrouver notre capacité à choisir, il faut savoir qu’il y a des alternatives.
Je nous souhaite une meilleure utilisation des technologies du numériques et de trouver les outils dont nous avons réellement de besoin. Il en va de notre autonomie, de notre pouvoir de réflexion. Bonnes découvertes!
Par Joëlle Tremblay et TechnoCompétences
Pour aller plus loin, consultez notre livre blanc sur la sobriété numérique et notre formation sur la souveraineté numérique.
