Questionner notre rapport aux écrans
Notre rapport aux écrans mérite une réflexion collective, sans jugement. Le travail, la création et les relations passent aujourd’hui largement par les écrans. Faire comme si une coupure nette était réaliste serait malhonnête.
Parler de déconnexion aujourd’hui demande un peu de délicatesse. Parce qu’on vit dans un monde où le travail, la création, les relations et même l’engagement citoyen passent largement par les écrans. Faire comme si une coupure nette était réaliste, ou même souhaitable pour tout le monde, c’est passer à côté d’une partie du réel.
Dans le secteur des technologies, mais aussi bien au-delà, une connexion minimale est devenue une condition de base pour travailler. Courriels, plateformes collaboratives, outils de gestion, veille informationnelle. Les écrans ne sont pas un luxe ni un caprice, ils sont souvent l’infrastructure même de notre quotidien professionnel. Les nier serait malhonnête.
Cela dit, toute consommation d’écran n’est pas équivalente. Tout n’est pas automatiquement nocif. Lire un article fouillé, écouter un balado, suivre une formation en ligne ou échanger avec un collègue n’a pas le même impact que le défilement automatique et sans fin qui gruge notre attention. La question n’est pas tant combien de temps nous passons devant un écran, mais comment et pourquoi nous y sommes.
Notre rapport aux écrans transforme aussi nos habitudes de vie. Nos façons de nous informer, de socialiser, de nous divertir et même de nous reposer. Il ne s’agit pas de revenir en arrière ni de viser une pureté numérique impossible, mais de reconnaître que certaines habitudes se sont installées par défaut plutôt que par choix conscient.
Dans ce contexte, valoriser la déconnexion est nécessaire. Sacraliser certains moments sans notifications, sans sollicitations constantes, sans pression de réponse immédiate. Mais cette valorisation ne doit pas se transformer en hiérarchisation morale des comportements. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise personne selon qu’elle médite sans téléphone ou qu’elle s’endort avec une série. Il y a des individus différents, avec des réalités, des besoins et des seuils de tolérance qui varient.
La réflexion collective est donc essentielle. Pas pour juger, mais pour mieux se comprendre et ajuster nos pratiques.
Pour amorcer cet auto-examen, voici quelques questions à se poser :
- Est-ce que mon temps d’écran répond à un besoin réel ou à un automatisme?
- Est-ce que certaines plateformes me nourrissent ou m’épuisent?
- Est-ce que je prends encore plaisir à ce que je consomme?
- Est-ce que je me sens capable de me déconnecter quand j’en ai besoin?
- Est-ce que mes habitudes actuelles soutiennent la personne que j’ai envie d’être au quotidien?
- Est-ce que certains mécanismes me causent du stress (notifications, etc.)?
- Est-ce que j’ai des moyens de prendre des nouvelles de mes proches en dehors des plateformes sociales?
- Est-ce que je suis capable de faire une heure sans être connecté à rien (montre intelligente, cellulaire, ordi) et me sentir bien?
Pour lire le dossier à ce sujet de La Presse : https://www.lapresse.ca/actualites/en-quete-de-solutions/
Par Josiane Stratis et TechnoCompétences
Pour poursuivre la réflexion, lisez notre défi de déconnexion et notre guide pour déconnecter.
